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  Réchauffement climatique  
 

 

Notre préoccupation profonde : garder notre maison commune, la Terre, en bon état.

Le réchauffement au même titre que le nucléaire est un fléau pour notre planète. Nous parlerons dans ce chapitre des promesse du la COP 21, de la situation de la France, de l'implication du nucléaire dans le réchauffement puis nous dirons quelques mots des biocarburants. COP21, une promesse à tenir, des objectif à atteindre sans se servir du nucléaire.

Du 30 novembre au 11 décembre 2015 la France a accueilli à Paris la COP21. L'accord est plus ambitieux que l'objectif initial de la COP21, qui visait à contenir le réchauffement sous le seuil des 2 °C. Il prévoit de le maintenir " bien en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels " et de " poursuivre les efforts pour limiter la hausse des températures à 1,5 °C ".

La mention du seuil de 1,5 °C était une revendication portée par les petits Etats insulaires menacés de submersion par la montée des mers. Elle a surtout une portée symbolique et politique.

Mais, il est seulement prévu de viser " un pic des émissions mondiales de gaz à effet de serre dès que possible ". Des versions antérieures retenaient un objectif de baisse de 40 % à 70 %, ou même de 70 % à 95 %, d'ici à 2050. Ces mentions, jugées trop contraignantes par certains pays, ont été gommées.

Rappelons que le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) juge nécessaire de baisser de 40 % à 70 % les émissions mondiales d'ici à 2050, pour éviter un emballement climatique incontrôlable.

La différenciation des efforts qui doivent être demandés aux différents pays, en fonction de leur responsabilité historique dans le changement climatique et de leur niveau de richesse - ou de pauvreté - a, cette fois encore, cristallisé l'opposition entre Nord et Sud.

Pour solder leur " dette climatique ", les pays du Nord ont promis à ceux du Sud, en 2009, de mobiliser en leur faveur 100 milliards de dollars (91 milliards d'euros) par an, d'ici à 2020. Les nations pauvres veulent davantage, après 2020, pour faire face aux impacts du dérèglement climatique, sécheresses, inondations, cyclones et montée des eaux.

Le texte entrouvre une porte, en faisant de ces 100 milliards " un plancher ", qui est donc appelé à être relevé.

L'accord exclut toute " responsabilité ou compensation " des pays du Nord pour les préjudices subis par les pays en développement.

C'est un point essentiel de l'accord. Les " contributions prévues déterminées au niveau national " annoncées par les Etats, c'est-à-dire leurs promesses de réduction d'émissions de gaz à effet de serre, sont aujourd'hui nettement insuffisantes pour contenir le réchauffement à un maximum de 2 °C, et a fortiori de 1,5 °C. A ce jour, 190 pays sur 195 ont remis leurs contributions qui, additionnées, mettent la planète sur une trajectoire de réchauffement d'environ 3 °C.

Le texte prévoit un mécanisme de révision de ces contributions tous les cinq ans.

Pour la première fois, le devoir des États à " respecter, promouvoir et prendre en compte les droits humains " est inscrit dans le préambule de l'accord. " C'est là une vraie avancée qui souligne la responsabilité des États à agir dans le respect des droits humains.

Il nous reste le devoir de la vigilance pour que ces promesses deviennent réalité, le travail est énorme.

La situation européenne et en France : La France est l'un des pays d'Europe qui n'a pas connu d'évolution baissière des ses émissions de CO2, alors que le bloc des 28 affiche un recul de 2,5% des principaux gaz à effet de serre. L'accroissement des émissions de carbone de la France s'explique par une progression de la combustion de charbon dont le prix baisse et les importations augmente entre 2012 et 2013.

En 2013, l'UE qui représente 11 % des émissions de CO2 au niveau mondial pour 6,9 % de la population a diminué de 2,5% (-18% de 1990 à 2015).

Le nucléaire et le réchauffement : Comme les énergies fossiles, le nucléaire voit ses réserves de combustibles comptées. Avec la consommation actuelle, les réserves d'uranium sont évaluées à 60 ans. Ceci remet en cause l'intérêt de renouveler le parc français avec des réacteurs qui vivraient 60 ans et plus.

Risques de catastrophes, déchets radioactifs, prolifération vers l'arme atomique, le nucléaire met la planète en danger autant que le réchauffement climatique. Pour sauver la planète : ni nucléaire, ni effet de serre, mais des économies d'énergie (principalement dans les pays riches) et des énergies renouvelables (partout sur la planète).

Nous ne sommes pas biens parti pour le moment :

Les pays les plus gros producteurs en nucléaire sont aussi ceux qui émettent le plus de gaz à effet de serre, le nucléaire n'a donc rien amélioré.

Il faut cesser de chercher vainement une solution de remplacement, qui n'existe pas et réduire considérablement la consommation d'énergie, en particulier celle des pays riches (voir page négaWatt) pour utiliser en moins grande quantité les énergies polluantes et donc réduire les émissions de gaz à effet de serre. En complément, développer les énergies renouvelables massivement et partout sur la planète.

   
  Contrairement à ce que l'on entend dire, le nucléaire émet aussi des gaz à effet de serre. Entre 60 et 120 g/kWh selon la source (combustible ou réacteur). Notamment lors de l'extraction des minerais peu concentré, des traitements nécessaires pour isoler l'uranium, du transport sur des milliers de Km, de la construction des réacteurs, de la fabrication des combustibles etc.… Vous trouverez dans le tableau ci-dessous un comparatif des émissions des différentes techniques de production d'électricité.
   
 
   
 

Dans les centrales au biogaz, les émissions dues à la production d'électricité sont plus faibles que celles " déplacées " du côté de la production de chaleur. En d'autres termes, s'il fallait produire en complément la chaleur par un autre procédé (le pétrole dans les calculs présenté ici), les émissions aurait été bien supérieur aux émissions des systèmes de production combinée de chaleur et d'électricité au biogaz. C'est pourquoi les technologies basées sur les biogaz bénéficient d'un crédit d'émissions et d'une valeur négative dans la figure.

Dans la plupart des installations de cogénération, où l'on produit à la fois de la chaleur et de l'électricité, la plupart de la chaleur perdue est récupérée et utilisée pour les usages industriels ou le chauffage urbain. Le rendement oscille entre 75 et 90 %.

   
  Quelques données en 2014 sur les émissions de CO2
 
Types d'énergie Retour énergétique Emission de CO2 par KWh
Photovoltaïque 1,1 à 3,8 ans 20 à 9 g
Eolienne terrestre 4 à 10 mois 4 à 23 g
Bois maison individuelle   8 g
Fuel domestique Puits + raffiange + transports 390 g
Gaz naturel Gisement + transports 290 g
Nucléaire EPR, prévision 10 ans de construction 60 à 120 g
 

Nucléaire et réchauffement

Nucléaire : une fausse solution pour le climat, en effet selon l'AIE, en 2015, en mettant un réacteur en marche par semaine pendant 15 ans, on éviterait à peine 9% des gaz à effet de serre. Dans la réalité, le nombre de réacteurs est passé de 440 en 1996 à 380 en 2015. On ne peut accepter le remplacement du pétrole vecteur de guerre et de destruction du climat par le nucléaire porteur de contamination et de destruction durable de l'environnement.

Rappel de quelques données : Le nucléaire fournit à peine 2% de l'énergie totale consommée dans le monde, 16% en France. Il ne représente plus que 10,8% de l'électricité consommée dans le monde, après une pointe de 17,6% en 1996 et une baisse régulière depuis. La part des énergies renouvelables est passée de 18% en 2005 à 22,5% en 2014. Les énergies renouvelables produisent deux fois plus d'électricité que le nucléaire (22,5% contre 10,8%). En France, 34 réacteurs sur 58 ont dépassé leur durée d'exploitation initialement fixée à 30 ans.

Le nucléaire est inadapté pour répondre à l'urgence climatique. La menace climatique implique des moyens de réduction des émissions simples et rapides à mettre en oeuvre. Même un développement très ambitieux du nucléaire - qui irait de pair avec un accroissement des risques d'accident et l'accumulation de déchets - n'aurait qu'un effet limité sur la diminution des émissions de gaz à effet de serre à court terme. Le temps de construction d'un réacteur nucléaire, de 10 ans en moyenne sur les derniers réacteurs mis en service, est hors délai au regard de cette nécessité d'action urgente. A contrario, la mise en place d'un parc éolien ou de mesures d'économie d'énergie est rapide.

Le nucléaire utilise de l'uranium entièrement importé, génèrent des déchets radioactifs dangereux pendant des milliers d'années, rejettent dans l'environnement des effluents radioactifs et des produits chimiques toxiques. La filière nucléaire consomme de l'électricité pour la fabrication de son combustible (18 TWh en 2007) et pour faire fonctionner ses "auxiliaires de production et stockage" (33 TWh en 2007). Ainsi, selon RTE, la baisse de consommation régionale, de 3,9% entre 2012 et 2013, serait due essentiellement à la diminution de consommation d'Eurodif suite à l'arrêt de l'usine Georges BESSE 1.

L'énergie nucléaire est inadaptée pour fournir rapidement des services énergétiques de base aux 1,3 milliard de personnes démunies qui n'ont pas accès à l'électricité, essentiellement en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud. Dans les zones non connectées au réseau, les énergies renouvelables, et notamment le solaire, peuvent offrir un accès à l'électricité beaucoup plus efficace et rapide.

Le nucléaire a besoin de beaucoup d'eau : en 2003, ¼ des réacteurs français ont du être arrêté par manque d'eau. Le nucléaire dégagent dans l'air et dans l'eau deux fois plus de chaleur que d'électricité produite.

Une centrale nucléaire a besoin d'eau en permanence pour évacuer la chaleur produite par la réaction nucléaire, et cela même à l'arrêt.
" En bord de mer ou sur les cours d'eau à fort débit, les centrales fonctionnent en circuit "ouvert" : chaque réacteur prélève près de 50 m3/seconde pour ses besoins en refroidissement. L'eau est ensuite rejetée à une température plus élevée. C'est le cas, par exemple, à Fessenheim ou à 2 des 4 réacteurs en activité au Bugey.
" Sur les cours d'eau où le débit est plus faible, elles fonctionnent en circuit dit "fermé" : chaque réacteur pompe près de 2 à 3 m3/seconde dont une partie est ensuite évaporée dans les tours de refroidissement, formant un panache blanc caractéristique ; le reste est ensuite rejeté. Les deux tiers de l'énergie produite par une centrale sont perdus sous forme de chaleur. Celle-ci sera elle-même évacuée sous forme de vapeur d'eau (qui constitue elle-même un gaz à effet de serre) et/ou viendra réchauffer les cours d'eau. Au Bugey, près de chez nous, sur les 4 réacteurs en activité, 2 le sont en circuit ouvert et 2 en circuit fermé (4 cheminées).

Le fonctionnement des centrales en été exige donc un débit suffisant. D'où certains arrangements pour conserver suffisamment d'eau dans les fleuves ! En cas de sécheresse, on préfèrera vider le lac de Vassivière (Limousin) pour que la Vienne continue à refroidir la centrale de Civaux.

" Cette question peut même prendre une dimension internationale : en avril 2015, François Hollande a négocié avec la Suisse pour qu'en cas de sécheresse, le débit du Rhône à la sortie du Lac Léman reste suffisant pour refroidir les 14 réacteurs français situés au bord du fleuve ! En 2011 lors d'un été sec la centrale du Bugey a eu des difficultés pour le refroidissement des réacteurs. Le canton de Genève avait diminué le débit du Rhône au niveau du barrage du Seujet pour maintenir le niveau du lac Léman. Cet épisode critique a motivé le lancement de GouvRhône une discussion entre la Suisse et la France pour la gestion des eaux entre Genève et Lyon.

Ces rejets thermiques agissent comme une barrière qui réduit considérablement les chances de survie des poissons grands migrateurs, comme les saumons et truites des mers. La loi fixant des limites au réchauffement des fleuves peut imposer à EDF de réduire la puissance de certains réacteurs et pourrait théoriquement être conduite à les arrêter en cas de trop forte chaleur. Mais il faut bien faire tourner les climatiseurs, et tout arrêt de réacteur représente un manque à gagner d'un million d'euros par jour pour EDF… si bien que l'électricien n'a jamais cessé d'intervenir pour modifier la législation et obtenir des dérogations !

Ainsi, pendant la canicule de 2003, un grand nombre de centrales ont bénéficié de dérogations successives. Dans les années suivantes, chaque centrale a eu droit à une réglementation ad hoc plus souple, avec par exemple une température limite en aval à ne pas dépasser basée sur une moyenne de 24h. Et si, en cas de "canicule extrême et nécessité publique", les limitations habituelles ne peuvent être respectées, un décret de 2007 autorise à modifier encore les conditions de rejets thermiques ! Les poissons apprécieront...

En temps normal, les sites nucléaires sont autorisés à rejeter dans l'eau d'importantes quantités de substances radioactives (tritium, carbone 14... qui s'accumulent dans la végétation aquatique) et surtout chimiques : bore, hydrazine, phosphate, détergents, chlore, ammonium, nitrates, sulfates, sodium, métaux (zinc, cuivre…).. La chaleur favorisant la prolifération des amibes, EDF a tendance à utiliser encore plus de produits chimiques en été, notamment pour éviter que les tours de refroidissement se transforment en foyers de légionellose. Or lorsque le débit des cours d'eau se réduit, la concentration des substances polluantes augmente.

Selon des études menées par EDF, si plusieurs sites procédaient simultanément à des rejets chimiques en période d'étiage sévère de la Loire (12 réacteurs), leur impact cumulé serait désastreux pour l'environnement. La législation impose aux centrales situées sur le même bassin versant de se concertent entre elles avant d'effectuer ces rejets… mais les agents de la centrale nucléaire de Belleville (Cher), interrogés en 2014, étaient incapables de dire si et comment EDF mettait en œuvre cette concertation au niveau local et national !

Certes, en-dessous d'un débit particulièrement bas, les rejets chimiques dans les cours d'eau sont interdits. Ces substances sont alors stockées dans de grands réservoirs en attendant des conditions plus propices. Mais ces stockages précaires ne permettent de tenir que quelques semaines. Bien que la situation ne se soit encore jamais présentée, EDF pourrait être contrainte d'arrêter les centrales si la sécheresse perdure alors que ces réservoirs sont pleins. Dans tous les cas, ces substances seront relarguées plus tard dans l'année. Or un grand nombre de communes prélèvent leur eau potable dans les cours d'eau, comme Agen (Lot-et-Garonne), à seulement 20 km en aval de la centrale nucléaire de Golfech. Et bien des agriculteurs utilisent cette eau polluée pour arroser leurs cultures…

Le changement climatique promet la multiplication des épisodes extrêmes (notamment sécheresses et canicules) et risque d'aggraver la pression sur les cours d'eau. Plutôt que d'accumuler dérogation sur dérogation au mépris des écosystèmes aquatiques, EDF ferait mieux de se rendre à l'évidence : à terme, bon nombre de centrales ne pourront plus produire d'électricité. Des études prédisent une baisse de débit d'étiage des fleuves de 20 à 40 % d'ici à 2050, mais il ne sera sans doute pas nécessaire d'attendre cette date ; dès 1995, les commissaires-enquêteurs en charge de l'enquête publique pour la centrale de Civaux avaient émis un avis défavorable, estimant que les rejets prévus n'étaient pas compatibles avec le débit de la Vienne.

L'étiage des cours d'eau (leur niveau le plus bas au cours de l'année, généralement en été) baissera d'environ 20 % au moins sur la plus grande partie du territoire dans les années 2050 et baissera jusqu'à 50% dans certaines zones.

Les centrales côtières, quant à elles, seront confrontées à un autre problème : certaines risquent d'être menacées par la montée des eaux, comme Gravelines (construite sur un polder) ou le Blayais (déjà inondée lors de la tempête de 1999).

Loin de constituer un atout dans la lutte contre le changement climatique, dans un monde qui se réchauffe, le nucléaire constitue un risque supplémentaire dont il est urgent de se débarrasser !

  Biocarburants
 

Que ce soit pour des centrales de production d'électricité, ou, comme carburant pour des véhicules, certains voient dans les biocarburants la solution miracle. En fait, il est indispensable de prendre toutes les précautions à ce sujet. Les conséquences des biocarburants peuvent êtres particulièrement néfastes :
- Intensification des risques de famines et des problèmes de souveraineté alimentaire de certaines pays comme le Brésil.
- Droits humains bafoués dans les pays pauvres pratiquant les monocultures de cannes à sucres, de soja...
- Intensification des maladies cancérigènes et mutagènes provoquées par les pesticides utilisés d'autant plus librement que les cultures ne sont pas alimentaires.
- Portes ouvertes aux OGM.
- Accentuations des expropriations des petits paysans d'Amérique Latine et d'Asie du Sud-Est.
- Bilan énergétique plus que douteux pour la planète comme pour le consommateur.
- Accroissement de la perte de la biodiversité par la destruction des forêts tropicales et disparition des jachères dans les zones tempérées.
- Accentuation du réchauffement par la destruction des forêts tropicales.
- Pressions supplémentaires sur les ressources en eau.
- Accélération des processus d'érosion, de dégradation chimique.