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Déchets un avenir inquétant !'''''''''''''''''''

Les déchets vont de la mine aux déchets de combustibles en passant par le démantèlement des réacteurs.

 

Nous parlerons donc dans ce chapitre de IGECO, le " futur " centre d'enfouissement des déchets de combustible fortement radioactif et à vie longue, de l'ICEDA, un projet qui malheureusement progresse près de Lyon au Bugey. Nous parlerons aussi des déchets venant du " futur " EPR, des différents types de déchets. Mais avant tout rappelons une exigence politique :

A -La décision de gestion des déchets doit être prise par les citoyens :

La question fondamentale posée par les déchets nucléaires est bien celle du " legs " aux générations futures, à une échelle presque " éternelle " de produits extrêmement dangereux fabriqué par l'homme et déposés par lui quelque part sur ou sous la terre avec un degré de protection qui ne peut être éventuellement garanti que dans l'état actuel des connaissances. Il s'agit d'un débat fondamentalement politique qui concerne l'ensemble des citoyens.

L'usurpation de la fonction de décision par les organismes et les entreprises a été largement reconnue historiquement dans le domaine nucléaire. Or il existe toujours des solutions alternatives. Le devoir du politique est d'exiger des experts la présentation systématique d'alternatives élaborées de façon plurielle et contradictoire. Comment assurer au niveau national le maintien d'un niveau de compétence sur longue période pour assurer la fonction de gestion des déchets nucléaires, comment assurer des moyens financiers pour cette gestion, comment assurer même la " mémoire " des sites etc.

La loi bataille de 1991 puis la suite en 2006 se base sur le principe pollueur-payeur et prendre en compte la responsabilité financière des industriels en se basant sur : o Une révision des estimation de coûts de démantèlement qui soit faite régulièrement o Une mise en place d'une gestion séparée des fonds de démantèlement o une refonte du dispositif de contrôle, et l'exigence de garanties supplémentaires aux exploitants pour couvrir le risque irréductible qui pèse sur la collecte et la disponibilité des fonds.

B - Ne pas enfouir les déchets :

A Bure dans le Meuse : l'ANDRA veut enfouir les déchets les plus dangereux dans le CIGEO (Centre industriel de stockage géologique) a Bure dans la Meuse à 400 mètre de profondeur. A côté des problèmes techniques et d'infiltration à long termes, l'histoire nous indique que c'est une solution très dangereuse, voici deux exemples :

Nouveaux Mexique : Un exemple qui fait peur : WIPP, (Waste Isolation Pilot Plant) le premier centre de stockage de déchets radioactifs en grande profondeur au Nouveau Mexique aux Etats Unis. WIPP est en exploitation depuis 1999 à 660 m de profondeur dans du sel. Le 5 février 2014 un incendie sur un camion se déclare à 650 m de profondeur dans la zone nord du centre. Le 14 février 2014 une balise de la zone sud entre en fonction sous l'action de rejets radioactifs. Un ou plusieurs des 258 colis de déchets enfouis dans la salle 7, zone 7. En août 2014 le site est fermé provisoirement, en effet aller voir ce qui se passe au fond semble d'une grande complexité et dangerosité. Le puits d'accès principal est hors service à cause des dépôts de suie sur l'équipement électrique. On ne savait pas encore ce qui s'est passé début 2015.

Mine de sel d'Asse : Tirons les leçons de l'exemple allemand : renonçons dès à présent à l'enfouissement des déchets : L'ancienne mine de sel d'Asse, dans le Nord de l'Allemagne, qui accueille depuis plus de 40 ans des déchets nucléaires de faible activité (125 000 futs) et moyenne activité (1300 futs) à vie longue (FAVL et MAVL) est au cœur d'un scandale passé sous silence en France. Ont pensait que cette mine qui contient du sel stable depuis 150 millions d'année continuerait à être un stockage hermétique pour des millions d'année. Dès les premiers dépôts, ce " centre de recherche modèle ", présenté comme parfaitement étanche était déjà sujet à des infiltrations d'eau. En 2015, ce ne sont pas moins de 12 m3 d'eau qui pénètrent chaque jour dans la mine ; des affaissements et fissures se multiplie impliquant des menaces d'effondrements. Les déchets baignent dans la saumure. Il y a un risque à moyen terme de contaminer les nappes phréatiques et les sols d'une région entière. Notons enfin la présence de 28 kg de plutonium (dont 10 microgrammes suffisent à tuer un être humain) au milieu des déchets de faible et moyenne activité… Le coût de reprise de ces 126 000 fûts sera énorme.

C - Le démantèlement des centrales :

Début 2016, nous avons 58 réacteurs en fonctionnement en France, mais aussi 10 réacteurs à l'arrêt :

Récateur Période de fonctionnement Nbre d'années
Chinon A1 1963-1973 10 ans
Chinon A2 1965-1984 20 ans
Chinon A3 1966-1990 24 ans
Chooz A 1966-1991 25 ans
Brenilis 1967-1985 18 ans
Saint Laurent 1 1969-1990 21 ans
Saint Laurent 2 1971-1992 21 ans
Bugey 1 1972-1992 18 ans
Marcoule (Phénix) 1974-2009 (arrêt de 1990 à 99) 35 ans
Creys-Malville (Super Phénix) 1986_1997 12 ans

L'AIEA a défini pour le démantèlement d'une centrale nucléaire trois étapes

- Niveau 1: mise à l'arrêt définitif, qui consiste à décharger le combustible du coeur du réacteur.
- Niveau 2: démantèlement partiel, au cours duquel sont déconstruits tous les bâtiments de la centrale à l'exception de celui abritant le réacteur.
- Niveau 3: démantèlement total, où le bâtiment réacteur lui-même est démantelé.
En 2016, aucun réacteur nucléaire dans le monde n'est arrivé au niveau 3. Bugey 1 était le plus jeune réacteur de la première génération, démarrant en 1972. Arrêté le plus tardivement (1994), c'est pourtant avec lui qu'EDF s'attellera au chantier titanesque du démantèlement complet d'un réacteur nucléaire de puissance.

Le décret du 18 novembre 2008 - Bugey 1, autorisant à "procéder aux opérations de mise à l'arrêt définitif et de démantèlement complet de l'installation nucléaire (niveau 3).
Le 21 janvier 2009, le Réseau dépose un recours au Conseil d'Etat sur le décret autorisant EDF à procéder aux opérations de démantèlement du centre nucléaire de production d'électricité du Bugey 1.
Ce que veut le Réseau :
- que l'on puisse trouver les moins mauvaises réponses possibles aux questions concernant le démantèlement des installations nucléaires:
- quel choix de démantèlement (rapide, différé, sur place ou non…)?
- quelle sera l'estimation de la dosimétrie reçue en fonction de la solution de démantèlement choisie?
- quel sera le devenir des déchets radioactifs? - quel sera l'impact immédiat et à long terme sur la santé des travailleurs?
- quels moyens de contrôles indépendants de l'exploitant nucléaire seront définis?
- des études épidémiologiques seront-elles envisagées?
- quels seront les coûts d'un tel programme de démantèlement, et quel sera leur impact sur les coûts réels du kilowatt nucléaire?
- doit-on poursuivre la filière électronucléaire au vu, notamment des problèmes posés par le démantèlement et la gestion des déchets radioactifs? L'affaire sera jugée en 2010

On estime à 15 000 000 de tonnes les déchets radioactifs qui découleront des déconstructions des réacteurs. Les ferrailles seront fondues dans des fours spéciaux, mais que fera-t-on ensuite des lingots ? Que fera-t-on des colossales quantités de gravats faiblement radioactifs ?

En France les dépenses pour le démantèlement sont évaluées à 15 % du coût d'investissement, aux États-Unis 25%. Si l'on prend ces prévisions pour Brennilis, le démantèlement ainsi calculé de la centrale serait de 19.4 millions d'euros, il est réellement de 480 millions.

ICEDA a pour but de conditionner et d'entreposer provisoirement (50 ans selon EDF) des déchets très radioactifs venant de toute la France :
- déchets produits dans le cadre du démantèlement des centrales nucléaires de première génération et du surgénérateur SUPERPHENIX de Creys-Malville
- des déchets métalliques issus de l'exploitation des centrales en fonctionnement (1500 tonnes environ)
- possibilité d'autres emballages, dans le projet il est indiqué : " Des déchets d'origine différente (sic) peuvent éventuellement être mélangés. "
- Les déchets graphite des UNGG ainsi que 1378 crayons de Chooz A.
Il s'agit de déchets activés, rendus radioactifs par leur exposition au flux de neutrons généré par les fissions.
ICEDA accueillera les MA VL et MA VC venant des démantèlements de 9 réacteurs : 1 à Brennilis (Finistère), 3 à Chinon, 2 à Saint-Laurent (Touraine), 1 à Chooz (Meuse), et ceux de Bugey 1 (Ain).

Le groupe SDN BUGEY qui s'est fondé début 2011 est très actif pour arrêté ou au moins ralentir la construction d'ICEDA.

En effet : Ainsi les habitants de la région, les élus locaux n'ont rien à dire. Pourtant bien des questions se posent :
- Stocker,enterrer des déchets qui viennent de plus de 700 kms, est-ce le plus perspicace ?
- Pour une durée de 50 ans ? Les responsables ne seront plus là pour assumer les éventuels problèmes !
- A proximité du Rhône ? étanchéité garantie du Béton ? - Pourquoi l'agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs l'ANDRA après avoir affirmé qu'il n'y aurait pas de rejet, a déposé quelques années plus tard une demande d'autorisation de rejet sur le site de Soulaines ?
- Les émmissions de l'ICEDA serait inférieur hors carbone 14 et tritium à l'émmission des 4 réacteurs, mais 10 fois plus élevé en prenant en compte ces deux isotopes.

D - Risque de transfert de la responsabilité de la gestion des déchets des entreprises vers l'Etat.
Exemple : le démantèlement de l'usine de retraitement de Marcoule est la plus importante en France 6.19 Md € en euros 2003. EDF et la Cogéma selon un accord de fin 2004 ont verser une soulte libératoire au CEA qui deviendrait l'unique responsable technique et financier du démantèlement et de l'assainissement du site de Marcoule. La cour des comptes assimile cela à transfert de responsabilité des industriels vers l'Etat, ce qui est contraire au principe de pollueur - payeur.
En 2015 nous devons nous inquiéter de cela car AREVA et sa branche des combustible la COGEMA sont en difficulté financière.

E - EPR et déchets :

L'Usine nouvelle - 02/02/2009 - Ana Lutzky « EPR : l'industrie nucléaire ne sait pas quoi faire de ses déchets »

John Large, expert britannique de l'industrie nucléaire, en rappelle les risques. John Large a effectué des recherches sur les réacteurs et autres systèmes nucléaires pour l'administration britannique de l'énergie atomique, en tant que collaborateur scientifique de la Brunel University. Il a créé au milieu des années 80 la société de consulting engineers Large & Associates qui est spécialisée dans le domaine du nucléaire. Entre autres, il a été chef de l'équipe d'experts en technique nucléaire et en technique d'armement qui a estimé les dangers de la première opération de sauvetage réussie du sous-marin nucléaire russe Kursk en 2001. Il a également travaillé sur l'EPR de Flamanville : son travail a consisté à créer un modèle d'intensité des radiations dans le cas d'un éventuel accident nucléaire grave.

Les déchets de l'EPR seront-ils sept fois plus radioactifs que ceux générés par les réacteurs classiques, Comme le dit Greenpeace ?

J.L.- Je ne travaille pas pour Greenpeace. Je suis un ingénieur indépendant, Greenpeace est venu me voir pour vérifier si certains de leurs arguments étaient valides scientifiquement, j'ai pu leur confirmer qu'ils l'étaient. Le fonctionnement de l'EPR prévoit que le combustible nucléaire reste beaucoup plus longtemps dans le réacteur : le cycle n'est plus de 18 mois, mais de 24 mois. D'autre part, le combustible est plus concentré en uranium enrichi : l'isotope U235, présent à hauteur de 3,5% dans le combustible d'une centrale de deuxième génération, est désormais présent à hauteur de 5% dans un EPR. Il est plus irradié, on en tire plus d'énergie : 75 MWh par jour par tonne, contre 38 à 40 MWh par jour et par tonne dans une centrale de deuxième génération. Ce qui implique une usure (« burn-up ») et donc une radiotoxicité bien plus importante que dans les réacteur actuels. En particulier, le fait que le combustible soit plus radioactif change les propriétés physiques et chimiques des « crayons » d'uranium présents dans l'assemblage contenu dans la cuve : comme sous une force centrifuge, la radioactivité migre à l'extérieur des jantes métalliques de l'assemblage. Ce qui signifie qu'au moindre problème (contamination de l'eau de la piscine du réacteur, rejet dans l'environnement...), la fraction immédiatement rejetée est sept fois supérieure à celle d'un réacteur de deuxième génération.

Cela pose le problème du stockage de ces déchets ?

J.L.- Effectivement. J'ai travaillé dans l'industrie nucléaire, dans les années 60-70.A l'époque, on nous disait que les problèmes de stockage seraient résolus plus tard. Aujourd'hui, personne ne les a encore résolus. Dans la vie d'un EPR (60 ans), 200 tonnes de combustible seront irradiées. Or ce nouveau type de combustible est autrement plus radioactif que celui d'une centrale de deuxième génération : les déchets doivent être confinés dans des containers beaucoup plus spacieux et hermétiques. Ce que je pointe, c'est un manque total de coordination entre le concepteur de la centrale, Areva, et les concepteurs des containers destinés à contenir les déchets radioactifs, tels que Posiva en Finlande, ou SKB en Suède. Ces derniers sont bien en peine aujourd'hui de concevoir des containers apropriés. Ni la France, ni la Finlande, qui construisent chacune un EPR, ni aucun des autres pays qui envisagent d'en acquérir un (Royaume-Uni, États-Unis, Inde, etc.) ne disposent d'un site susceptible de gérer des combustibles ainsi irradiés. Même l'usine de La Hague d'Areva, présentée comme la plus performante au monde, ne résoudrait en rien la gestion de ces déchets : leur traitement génèrerait des rejets de radioéléments beaucoup plus élevés qu'à l'heure actuelle. En France en effet, les combustibles usés sont confinés durant 5-6 ans, le temps qu'ils refroidissent, puis envoyés à la Cogema à Marcoule pour en extraire le plutonium qui servira au combustible Mox, tandis le reste devient in fine un déchet vitrifié, très toxique. Le cycle aval du combustible est assez similaire au Royaume-Uni. Nous ne savons pas quoi faire de ces déchets vitrifiés.

A l'heure actuelle, le système de stockage présente-t-il un risque pour l'environnement ?

J.L.- En Finlande, en Suède, aux Etats-Unis, en Allemagne, le principe est de stocker les combustibles irradiés dans des containers en cuivre, à 400-600 mètres sous terre. Or ces containers ont été conçus pour pouvoir résister à toute fuite durant 100 000 ans. Durant ce temps, la majorité des isotopes radioactifs auront perdu leur toxicité. Reste que I129, un isotope radioactif de l'iode créé lors des réactions de fission (cassure des noyaux d'uranium ou de plutonium) dans un réacteur nucléaire, reste dangereux 5 millions d'années après pour l'être humain. Au bout de 100 000 ans, quand le container le laissera échapper, il contaminera l'eau en sous-sol et aura une incidence sur les générations futures.

F -Déchets Inventaire :

Ce n'est que fin 2004, après 50 années de programme nucléaire qu'un inventaire exhaustif des déchets radioactifs a été réalisé pour la première fois pour les pouvoirs publics, bien que laissant de côté les entreposages de matières dites " valorisables ". Cet inventaire réalisé par l'ANDRA recense une centaine de type de déchets présentant des caractères homogènes

Les ordres de grandeur d'activité et de volume des différentes catégories de déchets sont très contrastés. Seules deux des six grandes catégories sont rigoureusement concernées par les recherches menées dans le cadre de la loi Bataille de 1991 et de la loi de 2006.

A - Six catégories de déchets

- Les déchets à vie très courtes : Essentiellement issus des activités médicales ou industrielle. Elles sont gérées par décroissance puis dans les filières de gestion des déchets conventionnels.

- Les déchets de très faibles activités (TFA) : Activité comprise en 1 et 100 Bq/g. (ferraille, gravats, béton, huiles usagées, déchets industriels spéciaux, résidus miniers du traitement de l'uranium). L'uranium appauvri s'il est considéré comme sans espoir de valorisation sera considéré comme TFA.(Voir annexe 1). La réglementation interdit de rejeter ces déchets dans des décharges classiques. Dans les faits, ils sont souvent rejetés n'importe où. Un centre spécifique a été ouvert 2003 à Soulaine-Dhuys dans l'Aube.

- Déchets de catégorie A de faible et moyenne activité : Rayon Bêta, Gamma et Alpha à vie courte. 95% vient de l'énergie nucléaire. Ces déchets estimés à 1.4 millions de m3 sont placés dans des fûts métalliques puis scellés dans des conteneurs en béton et stocké en surface. La Hague a reçu 530 000 m3. Un fût sur 3000 a été vérifié. Ces déchets sont aussi entreposés à Soulaine-Dhuys dans l'Aube. Prévu pour recevoir des déchets pendant 60 ans, il devra ensuite être surveillé pendant plus de 300 ans.

- Déchets de catégorie B de moyenne activité : Contiennent des radioéléments émettant des rayons pendant des milliers d'années. Ce sont les déchets des installations (gaines métalliques des combustibles irradiés, les boues, et les déchets provenant de l'entretien) et des déchets issus des retraitements et de l'utilisation du MOX. Estimés à 50 000 m3, entreposé à La Hague, Marcoule et Cadarache, les déchets B ne sont pas valorisables et il paraît impossible de les diminuer par séparation ou transmutation. Ce sont des déchets ultimes.

- Déchets de catégorie C de haute activité : Éléments hautement radioactifs émettant des rayons , et à période courte ou moyenne (produit de fission) et des éléments à périodes longues (actinides mineurs : neptunium, américium, curium etc). Ce sont les combustibles irradiés et déchets de retraitements. Dégageant de fortes chaleurs, une période d'entreposage de plusieurs décennies est nécessaire. Estimation 5000 m3 . Contrairement aux déchets B, ils seraient potentiellement valorisables. Les CSC-V , colis vitrifiés, un des types de conteneur produit par la Cogéma à la Hague contiennent 400 kg de déchets dont 11 kg de produit radioactif. Outre les intenses dégagement radioactifs, ces colis présentent un fort dégagement thermique (1880w = 2 à 3 radiateurs électriques) par colis en moyenne. Ils sont entreposé en puits ventilé à La Hague en attente de solution définitive.

- Les autres déchets : Déchets au tritium H3, carbone 14, déchets miniers, estimé à 50 millions de tonnes, ne sont pas classés INB (installation nucléaire de base), ne sont donc pas soumis à la surveillance de la SSIN. Aucune protection des eaux souterraines n'est prévue.

B - Sources des déchets :

La France est un gruyère nucléaire, on compte 260 Installations Nucléaires de Base (INB). L'ANDRA a fait l'inventaire des sites radioactifs, il y en a plus de 1200, et l'on en découvre chaque année.

- Extraction : On nous dit que les déchets nucléaires représentent un faible volume. Un kilogramme d'Uranium 235 produit autant d'énergie que 2500 tonnes de charbon, mais son utilisation demande l'extraction de 1000 tonnes de minerai d'uranium. La France a besoin de 11 000 tonnes d'uranium par an. Ce combustible est entièrement importé des Etats-Unis, du Canada, du Niger, etc. … Le stérile (minerai ne contenant plus que des doses très faibles d'uranium et difficilement utilisable) reste dans les pays de production. Ce sont eux qui gèrent les problèmes induits, notamment le stockage de ces déchets qui parfois sont utilisés comme produit de comblement alors qu'une radioactivité est émise (Uranium, radon..). Des problème de santé important sont présent au Niger. Les résidus de l'extraction de l'uranium des année 1960-80 en France représentent 50 millions de m3. Mal stocké, le minerai trop pauvre en uranium pour les centrales rejette du radon. L'eau de pluie s'y infiltre, entraînant des matières nocives chimiques ou radioactives qui contamine les eaux superficielles et les nappes souterraines. En juin 2005 suite à la plainte de l'association Sources et rivière du limousin, un procès a été ouvert à l'encontre de la COGEMA pour défaut de remise en état de sites minier du Puy-de-l'Age où la radioactivité dépasse largement les normes acceptée : 4000 Bq contre une limite de 200 Bq selon les normes européennes. (Voir annexe 3).

- Réacteurs : Chaque année, un réacteur consomme une vingtaine de tonnes de combustibles nucléaires et produit donc la même quantité de déchets. Pour l'ensemble du parc de 58 réacteurs, il y a environ 1200 tonnes de combustibles irradiés qui sortent chaque année des réacteurs Français, dont 100 tonnes de MOX. Les réacteurs rejettent des effluents : xénon 133, krypton 85, carbone 14, iode 131 et 129 et tritium ; ainsi que des rejets liquides : Tritium, césium 134 et 137, strontium 89 et 90 etc. … Les combustibles irradiés : Les barreaux irradiés contiennent 96% d'uranium dont 1% de U235, 1% de plutonium, 3% de produits de fissions (césium, strontium, iode, etc…) et 0.1% d'actinides mineurs (américium, neptunium, curium, …), éléments lourds produit à partir d'uranium et plutonium par absorption de neutrons. 18 réacteurs français fonctionnent au MOX. Le MOX irradié nécessitent 150 ans de stockage en piscine pour le refroidissement contre 50 ans pour les autres combustibles s'ils ne sont pas retraités.

La stratégie du retraitement recyclable sous forme de MOX, si elle est intégralement mise en œuvre n'apportera en fin de vie du parc actuel qu'une réduction de 5% des besoins en uranium et une réduction de 12 à 15% de la quantité de plutonium et d'américium à stocker. 78 tonnes de plutonium sont stockées à la Hague fin 2003, 48 tonnes de français et 30 d'étranger, dans des conteneurs de 2.9kg (masse critique 5 kg, c'est à dire qu'avec 5kg on peut faire une bombe atomique). Les stocks de plutonium séparé entreposés sous forme de poudre à la Hague, représentent un danger réel. Par exemple ces stocks représentent de quoi tuer plusieurs dizaines de fois, s'il était également réparti en fraction inhalée par les habitants, l'ensemble de la population française. Malgré son contenu énergétique, le plutonium a aujourd'hui une valeur économique négative. D'autres polluants chimiques sont rattachés au nucléaire : En 1996 Michel Tupin, président d'une commission scientifique nommée par le Premier Ministre conclut : " Il y a deux polluants qui vont continuer de migrer dans l'environnement, le tritium et le radon, il existe aussi un risque chimique du fait de 27 000 tonnes de plomb. Le site ne pourra en aucun cas être banalisé dans 300 ans comme l'avait prétendu l'Andra ".

C - Que faire de nos déchets ?

Les déchets faiblement radioactifs à vie longue ne sont pas prévue dans loi. La France a longtemps immergé ses déchets. La loi Bataille du 30 décembre 1991 (député PS Christian Bataille) a voulue définir une politique du traitement des déchets : Elle établit un principe de droit essentiel en affirmant que : art 1° " la gestion des déchets radioactifs à haute activité et à vie longue doit être assurée dans le respect de la protection de la nature, de l'environnement et de la santé en prenant en considération les droits des populations futures ".

Trois axe sont proposé par la loi :

Axe 1 : Séparation et Transmutation des radioéléments : Séparation et transmutation ont pour but d'isoler des éléments radioactifs à longue durée de vie en vue de transmuter les plus nocifs vers des formes capables de retourner plus rapidement à la stabilité. Le GSIEN (Groupement de Scientifiques pour l'Information sur l'Energie Nucléaire) nous rappelle " En l'état du dossier, la transmutation n'est qu'un argument pour continuer le nucléaire et faire croire que cette voie existe et permet de minimiser l'importance des déchets ".

Axe 2 : stockage en profondeur : Ce stockage est très contesté, parce que les conteneurs présentent des risques pour l'environnement et qu'après colmatage des galeries, il sera difficile, voire impossible de les récupérer en cas de nécessité pour les reconditionner. Lieu : La loi bataille indiquait qu'il devait y avoir plusieurs laboratoires d'expérimentation. Après différents essais et le refus de la population en Bretagne, le site de Bure (Meuse) est retenu avec un stockage dans l'argile Callovo-Oxfordien à 450 m sous terre. On ne sait pas encore quels déchets seraient destinés à l'enfouissement. Pour les déchets C on peut prévoir de lourdes difficultés liées à sa très grande charge thermique. Avant de les stocker définitivement, il faut les entreposer et les surveiller pendant une période de 50 à 150 ans. Il faut donc s'organier si l'on veut entreposer à partir de 2020 jusqu'en 2070 (UOX) et 2170 (MOX).

Bure : De nombreuses recherches restent nécessaires pour qualifier ces solutions. Au niveau technique, des points d'incertitude demeurent sur :

  • le degré de migration de radionucléides clés et l'estimation de leurs temps de transfert jusqu'à l'exutoire naturel n'est pas avancé,
  • le comportement hydro-thermo-mécanique de la roche,
  • le suivi de la zone endommagée de creusement et de son évolution,
  • les perturbations géochimiques apportées par le béton et les structures métalliques
  • le comportement des gaz et notamment le problème de génération d'hydrogène par corrosion des aciers.
  • Problème des conteneurs : voir axe 3.
  • Le 26 janvier 2016 un éboulement mortel justifie toutes ces craintes sur le site de Bure.

Axe 3 : le conditionnement et l'entreposage en surface de très longue durée : Une longue durée signifie une durée supérieure à 300 ans. La longue durée pose la question de la pérennisation des sociétés humaines, de leurs systèmes techniques et de leurs institutions en particulier de surveillance. En effet certaine déchets, comme le plutonium seront dangereux pendant 1 millions d'années. Les conteneurs, devront avoir une tenue mécanique à long terme, résister à la corrosion interne et externe, aux rayonnements, assurer le confinement tout en permettant pour certains d'entre eux le relâchement de gaz et avoir des propriétés thermiques adéquates. La commission n'est pas satisfaite à ce jour des conteneurs proposés. La SFEN nous indique : " Les conteneurs sont toujours à l'étude, la durée actuelle de garantie est de 600 ans ", alors que les déchets sont dangereux pendant 1 million d'année.

D - Risques spécifiques et contradiction de l'industrie du retraitement :

Actuellement, 850 tonnes de déchets sont retraitées par an après 9 à 10 ans de refroidissement à la Hague, puis sont envoyé à Marcoule pour la production du combustible (environ 100 tonnes pas an).L'enrichissement de l'uranium consomme beaucoup d'énergie, et produit de grosses quantité d'uranium appauvri (86%) (voir annexe 1). L'industrie du retraitement et du MOX élargit considérablement le catalogue de matières issues des réacteurs, multiplie les manipulations et les transports de ces matières et impose la mise en place d'installations industrielles à hauts risques de séparation et de fabrication de combustible contenant des stocks importants de matière nucléaire. Les rejets des installations de retraitement sont plusieurs milliers de fois supérieurs à ceux d'une centrale nucléaire. Toutes les solutions de gestion des déchets ne sont pas équivalentes sur le plan des risques. Les opérations qui visent à réduire l'inventaire à longs termes des déchets (retraitement) se traduisent par un système de gestion plus complexe, donc un risque accrut à court terme.

Pour envisager une gestion durable des déchets, il faut prendre en compte dans le débat, en plus des déchets reconnus comme tels, les matières classées aujourd'hui comme " valorisable ", mais dangereux en attendant cette valorisation éventuelle. L'escamotage d'une partie du bilan des matières du cycle nucléaire effacé par l'administration et l'industrie au nom de son potentiel énergétique futur est dangereux puisqu'elle donne une image faussée de la réalité des risques pour la santé, la paix et l'environnement que fait peser sur la population le système électronucléaire actuel et son évolution.

Il est très dangereux, comme le propose l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques d'isoler la réflexion sur les déchets hautement radioactif des considérations sur les déchets de moyenne activité à vie longue. En effet, l'inventaire de ce dernier est très directement déterminé par les options retenues pour la gestion des déchets à haute activité.

Ainsi le retraitement des combustible irradiés, tout en permettant la réutilisation de l'uranium et du plutonium et en concentrant les actinides mineurs et les produits de fission dans les colis vitrifiés, conduit à des " pertes en ligne " de ces matières qui génèrent autant de déchets de moyenne activité : coques et embouts du combustible conditionnés et entreposés en l'état, résidus de dissolution des matières, filtres auxquels il faut rajouter les rejets gazeux et liquide de la Hague, dont l'émission " évite " autant de déchets inventoriés.

Annexe 1 : Uranium Appauvri : Si l'Uranium Appauvri (UA contenant 99.9% de U238) est théoriquement pur à la sortie de l'usine de retraitement, il se salit en quelques mois avec l'apparition de descendants, produit de désintégration émettant des particules alpha, bêta et gamma qui multiplie par 3 l'activité. Le minerai d'uranium : les résidus miniers constituent la principale source d'exposition au rayonnement dans le cycle de la production de l'électricité nucléaire, essentiellement à cause de la diffusion du radon. En France, dans la région limousine, il y a 50 millions de m3 de résidus, dont certains servent aux remblaiement.

 

 

Les descendants de l'uranium 238 émets des rayons alpha ou béta accompagnés parfois de rayonnement gamma. Tant que le minerai est sous plusieurs mètres de terre, les risques d'irradiation directe à la surface sont quasiment nuls. La situation est très différente quand le minerai ou l'uranium " appauvri " issus du retraitement est en surface. L'ensemble des rayonnements se cumulle, et les rayons peuvent parcourir plusieurs centaines de mètres.

Annexe 2 : Déchets remis sur le circuit industriel : Un portique de contrôle de radioactivité s'était déclenché le 15 juin 2001 au moment où un camion de collecte de déchets pénétrait dans une usine d'incinération dans les Yvelines. Après enquête des pompiers, en liaison avec l'OPRI, il s'avéra qu'il s'agissait de longerons métalliques constitutifs de ces bennes qui contenant du cobalt 60. Les bennes étaient fabriquées par une société polonaise, EXPOM " La Gazette nucléaire, 191/192 septembre 2001. Depuis une dizaine d'année les associations dénoncent le projet des nucléocrates de réutiliser les métaux faiblement contaminés en les noyant dans des fonderies pour faire descendre la radioactivité en dessous des normes.

Annexe 3 : Nucléaire ne rime pas avec transparence. Fin 2002, une ONG nigérienne, inquiète de la santé des habitants des cités minières d'Arlit et d'Akokan où la Somaîr et la Cominak, des filiales de AREVA- COGÉMA extraient 3000 tonnes d'uranium par an, demande à la CRIIRAD de procéder à des analyses de radioactivité. Une mission est rapidement mise sur pied, et toutes les autorisations sont réunies, pourtant à leur arrivée le 3 décembre 2003, les experts de la Criirad voient leurs appareils de mesures bloqués en douane. Il pourront cependant constater l'absence de moyens dont disposent les autorités pour réaliser des contrôles indépendants. Les déchets miniers sont gérés de façon effrayante. Les résidus d'uranium sous forme de sable sont entassés à l'air libre soumis aux vents. Au Niger, ces déchets sont même amoncelés à l'air libre. Les verses de stockage des résidus de la COMINAK ont une hauteur de 25 m sur une surface de 50 hectares. Cela représentait en 2000, 10 500 000 tonnes de résidus émettant en moyenne 500 000 Bq/Kg. Les ferrailles du chantier sont récupérés par les habitants et recyclés en ustensiles de cuisine, les vêtements des ouvriers sont lavés à la maison avec l'eau de ville, mais début 2004 il est interdit à la population d'être informée sur l'étendue des dégâts. Cf. ; Alternative international Mars-Avril 2004 page 62, Traits d'Union n°27-28 page10.

Limousin : Extraction du minerai et problème des stériles : Source : " Trait d'union N° 32/33 automne 2005 " Avant leur exploitation, les minerais radioactifs sont enfouis. Les radiations émises par l'uranium et les autres corps radioactifs qui lui sont associés étaient largement arrêtées par les couches du sol. L'extraction du minerai a ramené à la surface, en France, des millions de tonnes de roches. (Plus de 57 millions de tonnes dans le Limousin selon la COGEMA). Les minerais peu riches étaient mis de côté sous forme de " stériles ". Malheureusement la radioactivité de ces stériles pouvait être plusieurs dizaines de fois et même plus de cent fois l'activité moyenne de l'écorce terrestre et 20 fois celle du granite classique. Les eaux de pluie qui ruissellent sur les verses se chargent en uranium et ses descendants et transfèrent ces radionucléides au milieu aquatique de surface. Une partie de ces stériles a même été utilisée par les municipalité, les DDE et les particuliers pour remblayer des chemins, des routes ou des plates formes, parfois même sur des terrains de sports.

Par exemple, la municipalité de Saint-Priest-La-Prugne et le collectif des Bois Noirs se sont battus des années pour qu'une expertise soit réalisée sur le site minier des Bois Noirs à la limite de la Loire et de l'Allier. L'étude réalisé par la CRIIRAD de 2001 à 2004 et confirmée par un second laboratoire choisi par la COGAMA a constaté des radiations anormales. Plus de 5 fois supérieur à la normale dans des lieus tel que chemins et parkings près de foyers de ski de fond, cours de centre de loisir et restaurants etc. Lorsque les stériles sont situés sous des habitations, l'irradiation directe Gamma principalement est associé aux inhalations de radon, gaz lourd radioactif produit en permanence par la désintégration de l'uranium qui s'accumule dans les lieux insuffisamment ventilé. Le radon 222 est reconnu comme la seconde cause de cancer des poumons après le tabac. Il est indispensable que toutes les communautés proches d'anciennes mines d'uranium, les habitant se mobilisent pour obtenir un recensement des sites où ont été déposés des stériles. Ce travail doit être engagé, car l'industriel responsable, la COGEMA, est actuellement solvable et doit assumer les travaux. Ces travaux doivent être engagé avant que l'on perde la mémoire de ces sites et que les matériaux radioactifs -dont la radioactivité ne décroîtra pratiquement pas à l'échelle humaine- ne soient dispersés plus loin au gré des travaux à venir.

Lors du traitement des minerais, l'uranium est extrait par des procédés chimiques de lixiviation (dissolution). Les résidus d'extraction de l'uranium ont une faible granulation (boue fine qui favorise la dispersion) et une radioactivité importante dépassant 100 000 Bq/Kg et même parfois 500 000Bq/Kg. Les résidus contiennent en effet 80% de la radioactivité initiale du minerai car les 10 radionucléides descendants de l'uranium à partir du thorium 230 n'ont pas été extraits par le traitement chimique. Le radium 226 contenu dans le minerai initial est conservé à 100% dans les résidus et génère en permanence du radon 222. La présence de radionucléides à longue période - thorium 230 = 75 000 ans- pose la question du confinement à long terme. 8 usines d'extraction de l'uranium par voie chimique ont fonctionné en France : l'Ecarpière en Loire-Atlantique, Jouac et Bessines-sur-Gartempe en Haute-Vienne, Gueugnon en Saône et Loire, les Bois Noirs en Loire, Le Cellier en Lozère, Saint Pierre dans le Cantal et Le Bosc dans l'Hérault. Plus de 50 millions de tonnes de résidus sont sortis de ces usines et sont stockés à sec ou derrière de digues. Certains on servi à remblayé des ancienne galerie et se trouve au contact des eaux souterraines. La banalisation de ces résidus était telle en France que des personnes en ont utilisé pour faire le ciment de dalle de cuisine, se retrouvant avec une très forte radioactivité dans la maison (radon) La CRIIRAD nous rappelle la permissivité des textes réglementaire dans le domaine de la sécurité nucléaire. L'illustration la plus éclatante de la soumission des Droit aux intérêts des exploitants est sans conteste l'arrêt du Conseil d'Etat du 11 décembre 1991. Le Conseil d'Etat accepte pour le calcul de la radioactivité des résidus des minerais la méthode qui ne prend en compte que l'activité du seul uranium, c'est-à-dire du seul élément radioactif préalablement extrait du minerai à un taux supérieur à 95%. La radioactivité de la vingtaine d'autres radionucléides qui eux n'ont pas été extraits n'est pas prise en compte. La radioactivité des résidus est alors divisé par 1000.

 
Les déchets dans la régions Rhône Alpes